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Exposition : Collateral Damage par Doke Ostle
Voir l'exposition (Panorama)
The nature of Doke Ostle's work is transient and ephemeral. The artist uses, everyday, discarded materials and works closely with the seasons and the plants grown on her allotment. Her "actions" create spaces for phantasy, dream and imagination. Doke Ostle is graduated from Brookes University in Oxford in 2005.
Maison méditerranéenne des sciences de l'homme, mai - juin 2010 Organisée en partenariat avec :
l'Institut méditerranéen de recherches avancées
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Salut, Doke (…) Je rêve de ce visage Venu de la petite terre de non rêve D'où votre plume déposa des braises Entre vos doigts : Ils sont clos les yeux Dans un demi-sommeil, sur ce qu'ils ont vu en dernier Elles sont closes les lèvres Ouvertes, un peu, sur le cri qui n'a pas pris forme Comme distraites Par la tyrannie sur elles De ce soudain assoupissement sans paix Secouant la terre petite sans rêve Secouant votre plume-doigt, ma sœur, hors-loi. |
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Hello Doke, (...) I dream of this face From the little land of non-dreaming From where your quill brought firebrands Into your fingers: They are closed the eyes In half slumber, upon the last of what they saw They are closed the lips Opened, a little, upon a cry that did not round As if they are distracted By the tyranny over them Of this sudden peace-less sleepiness Shaking the little, dreamless land Shaking your finger-quill, sister, in-no-law. |
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Dégâts collatéraux
Chaque automne, entre le début du mois d'octobre et le 11 novembre, les Britanniques sont encouragés à porter un coquelicot de plastique et de matière synthétique rouge à leur boutonnière. Le coquelicot symbolise depuis la Première Guerre mondiale le souvenir des morts tombés au champ d'honneur ; c'était la guerre qui devait mettre un terme à toutes les guerres, la der des der, la dernière guerre importante qui ait fait plus de victimes militaires que civiles. Nous portons le coquelicot pour ne pas oublier cet énorme gâchis de vies humaines. En octobre 2002, sachant que nos chefs se préparaient à envahir l'Irak, je fus irritée de les voir porter leur coquelicot du souvenir. J'avais l'impression qu'ils auraient dû porter un coquelicot d'un genre différent, peut-être un coquelicot de néon clignotant. Cette invasion était tout à fait typique des guerres de la nouvelle génération, dans lesquelles, au nom de la liberté, des armées très puissantes attaquent et combattent des régimes, tout en surveillant de très près le nombre de cadavres rapatriés, et en appelant les dizaines de milliers de civils tués "dégâts collatéraux". Dès 2002, alors que la guerre contre l'Irak semblait inévitable, j'ai commencé à créer des œuvres à partir de coquelicots. Au début, je peignais des coquelicots sur d'innombrables feuilles de papier journal, couvrant ainsi les arguments utilisés pour justifier cette guerre. Ensuite, je les ai fixées au sol, afin que les autres étudiants soient obligés de marcher dessus. Enfin, j'ai ramassé les fragments déchirés et essayé de les recoller ensemble. L'été suivant, j'ai commencé à ramasser les pétales des coquelicots qui poussaient dans mon potager. Je les ai séchés entre des feuilles de papier journal sous le tapis de notre cuisine. Les pétales, qui avaient été d'un rouge éclatant et irisé, avaient en séchant pris la couleur du sang mort et la texture de la peau morte. Tout l'été, j'ai continué à ramasser les pétales de coquelicot et à les faire sécher sous le tapis, sans savoir très bien ce qu'ils allaient devenir. Le 8 novembre 2006, juste avant l'armistice, le quotidien "The Guardian" a publié une photo de Mahmoud Hams. Je n'ai pas pu me résoudre à jeter cette photo avec le reste des journaux, et j'ai donc placé l'image, d'une beauté douloureuse, des corps de la jeune femme et des deux enfants de Beit Hanoun, avec les pétales, sous le tapis. Les plis des pétales faisaient écho aux paupières fermées des enfants, tout comme la tache noire qui est à leur base faisait écho aux narines de ces innocents qui ne respiraient plus. Je les ai encadrés ensemble, et c'est l'œuvre intitulée Beit Hanoun que vous voyez ici. La photographie de Mahmoud Hams m'obsédait ; c'était un harcèlement de questions sur la mort et la beauté, sans parler de l'horreur et du gâchis causés par notre peu de désir de mettre un terme à ces bombardements criminels. J'ai dessiné et peint ces beaux visages, mais il me semblait que cette méthode n'était pas appropriée. Puis vint l'attaque israélienne contre Gaza, à la fin décembre 2008. Il y eut une avalanche d'images de mort et de mutilation d'innocentes victimes, et je voulais leur porter hommage de quelque façon. Faire leur portrait en pétales de coquelicots me parut le meilleur moyen de le faire.
Doke Ostle
PS il est intéressant de noter que le terme pour coquelicots en arabe est Shaqa'iq al-Nu'man. Une de ses significations est "fragments de sang". |
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Collateral Damage
Every year, from the beginning of October until after the 11th of November, people in the UK are encouraged to wear a red poppy, made of plastic and artificial material. The poppy is a symbol of remembrance dating from the First World War, the war that was meant to be the war to end all wars and the last major war in which the death toll of the soldiers far outnumbered that of the civilians. We wear the poppies lest we forget this terrible waste of life. Knowing that our leaders were planning to attack Iraq, it angered me to see them wearing their poppies of remembrance in October 2002. I felt that our leaders, plotting the invasion of Iraq, should be wearing a different sort of poppy, maybe a neon-flashing-light kind of poppy. This invasion was all part of the new kind of war, when all-powerful military armies attack and fight regimes in the name of freedom, carefully keeping an eye on the number of body bags flown home, while calling the thousands and thousands of civilians killed "Collateral Damage" As early as 2002, when the war on Iraq seemed inevitable, I started making art works with poppies, initially painting poppies onto endless sheets of newsprint, covering the stories of justification for this war. I then fixed these to the floor so that my fellow students were forced to walk over them. Finally, I gathered the torn remnants and tried to stick them together again. The following summer, I began to gather the fallen petals from the poppies growing on my allotment. I dried them between newsprint under the carpet in our kitchen. The petals having been vibrant and iridescent, dried to the colour of dead blood and to the texture of dried skin. I continued to gather the poppy petals in the summer, and to let them dry under the carpet, not quite sure what else would become of them. On 8th November 2006, just before Armistice Day, the Guardian printed a photograph by Mahmoud Hams. I was unable to throw out this photograph with the rest of the newspapers, and so placed the painfully beautiful image of the dead young woman and two small children from Beit Hanoun with the petals under the mat. The folds of the petals echoed the closed eyelids of the children, just as the black spot on the base of the petal echoed the nostrils of the no longer breathing innocents. I framed them together and it is the work you can see here entitled Beit Hanoun. Mahmoud Hams' photograph haunted me: questions of death and beauty, never mind the horror and waste created by our lack of desire to end these criminal shellings. I drew and painted these beautiful faces but it all felt wrong. And then came the Israeli attack on Gaza at the end of December 2008 and we were flooded with images of the deaths and mutilations of innocents and I felt I needed to honour them. Making abstract or conceptual work did not seem appropriate. I had to copy or imagine the faces of the dead and creating their portraits in poppy petals seemed for me the right choice.
Doke Ostle
PS il est intéressant de noter que le terme pour coquelicots en arabe est Shaqa'iq al-Nu'man. Une de ses significations est "fragments de sang". |
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